Le gros Tony
janvier 25, 2008 à 10:40 (Thoughts)
Le gros Tony est un vrai moulin à parole. Il a dû mal à respirer et il se ballade souvent en marcel blanc troué. On dirait que son corps entier est recouvert de poils. Le gros Tony est gentil, il me surnomme mon poussin.
Il m’appelle Edwige aussi, en me caressant les cheveux. Seulement voilà, moi je m’appelle Elodie. C’est bien ça le problème, le gros Tony a un sérieux grain, genre grosse schizophrénie. Il se croit toujours à l’armée, ses colonels lui confient me dit-il des importantes missions secrètes, alors il ne peut pas m’en parler. Je ne sais pas pourquoi mais il pense que je suis stagiaire dans la police. Sa grand mère vient le voir de temps à autre, il lui achète des bijoux à la cafétéria pour dit-il la protéger contre les forces du mal. Quand elle mourra, il n’aura plus personne. Il voudrait bien savoir quand il pourra sortir pour retourner à Bagdad comme il dit, une cité près Vesoul. Personne ne lui dit qu’il ne sortira sans doute jamais. Le gros Tony il est tout tendre à l’intérieur, un peu comme un bon gros chamallow, il pleure souvent. Il fatigue un peu tout le monde avec ses histoires, surtout les infirmières. Je les vois bien rire de lui en douce. Ça m’énerve. D’ailleurs elles rient souvent des patients, de ceux qui ne rendent plus compte de rien. Comme ce mec un peu bizarre à la barbe hirsute, je n’ai jamais su son nom. Ce mec c’est un peu une machine à manger, il a plein de tocs étranges et il finit tous les plats. Il mange comme un cochon. Pour savoir ce qu’on a mangé il suffit de regarder sa barbe. Il fait souvent tomber ses aliments par terre, ça ne semble pas le gêner de les manger. Une fois une infirmière lui a piqué son bout de pain sous le nez à la fin du repas pour le mettre à la poubelle, il a poussé un gémissement et il a voulu le récupérer. Je ne pense pas qu’il se rende compte de ce qu’il mange. Un bout de carton, il le mangerait. Enfin bref les infirmières rient de lui, ouvertement. Ça me gêne vraiment. Si ça se trouve, elles se sont bien foutues de ma gueule aussi. « Regardez c’est la petite de la chambre 16, celle qui est un peu cinglée et pas vraiment dans la réalité ».
Abigail a dit,
janvier 26, 2008 à 6:51
Bonjour. Est-ce indiscret de te demander où se passent ces scènes? Ca me rappelle beaucoup de choses. Pas précisément, bien sûr, mais dans l’atmosphère, les infirmières, les patients, le temps qui s’étire.
C’est loin, mais pas tant que ça au fond…
ooopsohmy a dit,
janvier 26, 2008 à 10:53
Bonjour, ces scènes se passent à St Rémy près de Vesoul, à la clinique Matisse.
Abigail a dit,
janvier 27, 2008 à 7:57
Merci. Je ne sais plus pourquoi j’ai posé la question maintenant
Merci quand même.
kerstin a dit,
février 1, 2008 à 10:44
Petite Prutt, t’es géniale. Continue à écrire, à raconter ton histoire. Je suis au boulot en lissant ton blogg, and it fucking brightened my day. No one makes me laugh like you do. Lots of love.
22th century boys a dit,
février 17, 2008 à 7:57
haaa le gros tony.il existerai pas et ben…tampis.dés que jl’ai vu je me suis dit “lui il peut commander des trucs sur ikea.fr pour decorer sa chambre à la clinique paskil va en devenir le doyen.a moins que les substances gastriques dans son corps le rongent jusqu’a squ’il ne restent plus que son maillot inter sport super moulant.a part ca il est hyper flippant;ne jamais le regarde dans les yeux sinon il croit que t’es un agent du ministere de la santé et des sport qui est venu lui piquer son maillot kil a gagné au concours mangeur de choucroute 2006.en plus de ca il se ballade tout le temps avec sa radio;il attend peut etre un message subliminale venant de….