Atelier écriture 1
mars 28, 2008 à 1:13 (Thoughts)
Ce sentiment de déconnexion qui arrive parfois quand on s’enivre plus que de raison ou qu’on se perd dans les méandres de la drogue qu’elle soit dure ou douce mais il y a-il vraiment une différence. Absinthe et cocaïne. Sentiment que l’on ressent aussi quand on ne se sent plus en phase avec ce qui nous entoure, les gens sont des fantômes et me suivent comme mon ombre.
Quignard, terrasse à Rome : « Dans la colère, nos oreilles cessent d’entendrent »
Marguerite Duras, écrire :« On est jamais seul. On est jamais seul physiquement. »
Absinthe et rires. Je l’entends me parler des choses d’autre fois. La musique est trop forte et comme d’habitude j’ai mal à la vie. Les gens tournent et s’agitent autour de moi, ils sont les fantômes de mon présent. Le Miss Marple est plein à craquer comme tous les samedis soirs et les cinquantenaires piliers de bar m’abordent lorsque je descends chercher les verres, c’est toujours moi qu’on envoie. Je la vois en bas, à rire, à chanter, elle me jette à peine un bref coup d’œil histoire de dire. Elle a déjà oublié, sa vie continue et j’étais à peine une pierre sur sa route qu’elle a négligemment balancée d’un coup de pied sur le bas coté. Je remonte. DJ Spank Her fait tourner les platines et me dédie une chanson de CSS, let’s make love and listen to death from above. Je la garde en tête et ça m’apparaît comme une évidence. Comme si le sexe était finalement la solution à tout, comme dirait Lacan on a besoin de l’autre pour combler son propre vide intérieur. Mais voilà qu’elle me parle, je suis mal et elle en rajoute. Elle à raison bien sûr, elle à toujours raison mais ce sont des choses que je n’ai pas envie d’entendre. Et elle est incapable de se taire. Tout devient flou, je n’entends plus. Mes mains ansèrent sa gorge et je n’entends plus rien à part le sang qui bat dans mes tempes. Les autres m’attrapent par les bras et me forcent à lâcher prise.
Dans la colère, nos oreilles cessent d’entendre.